Prise De Parole En Public Et Développement Personnel

    Qui est-on en tant que communicant(e) ?

    Que savons-nous déjà bien faire ? En sommes-nous sûr ? Quelles sont nos zones d’inconfort ? Où pouvons-nous nous améliorer ? Que ressentons-nous quand il y a un fort enjeu ? Quelles sont nos « pensées automatiques » ? Jouons-nous un rôle ? Sommes-nous capables d’incarner ce que nous ressentons ? Nous sommes nous déjà posé la question de ce que nous « renvoyons » aux autres ? Sommes-nous prêt(e)s à nous confronter à nos résistances ? Sommes-nous bienveillant(e)s envers nous-mêmes… et en même temps acceptons-nous la critique constructive ?

    Une bonne communication passe par une connaissance de soi plus approfondie, par une « auto-observation » bienveillante, par un retour sur soi exigeant et sans fausses concessions. Une bonne communication passe également par l’identification de nos atouts et le perfectionnement de notre savoir faire. Une bonne communication passe inévitablement par un savoir être.

    Parler de développement personnel quand il s’agit d’accompagner des personnes à être plus performantes dans leur prise de parole en public peut paraître opportuniste, à la mode, « tarte à la crème », voire ésotérique ou hors sujet. D’aucun diront que dans le cadre professionnel, il n’est nul besoin de montrer ses émotions mais de les « gérer ». Qu’incarner ce que l’on a à dire est fait pour les comédiens et que nous ne sommes pas au théâtre. Que les techniques visant à se recentrer, à réfléchir à qui l’on est, à faire une pause, à vivre le moment présent… sont pour les faibles, les « perché(e)s », les rêveurs… Pourtant, comment s’améliorer, gagner en compétence, devenir meilleur(e) si l’on ne commence pas par identifier qui on est ? Comment « voir plus loin » si l’on ne fait pas le chemin de sa propre découverte et si l’on accepte pas ses zones d’ombre et ses points forts, si on ne les reconnaît pas, si on le les tente pas ?

    Le développement personnel est une chose noble, dont il faut redorer le blason.

    Il permet l’ouverture d’un champ des possibles et l’ouverture à l’autre. Il permet une meilleure acceptation de ce que l’on est et un moindre jugement sur autrui. Il permet une introspection constructive et nécessaire. Il permet d’avancer dignement vers une posture, un positionnement, une fonction, un objectif, un but… Dans l’accompagnement à la prise de parole il joue un rôle important. Comment en effet devenir un orateur convaincant et à l’aise si le travail de souche ne se fait pas : qui je suis ? qui je veux être ? qui je ne veux pas être ? pourquoi je résiste ? de quoi, de qui j’ai peur ? qu’est-ce que je me dis quand je parle ?…

    Sans être psychologue ou thérapeute, la coach en prise de parole et communication verbale que je suis accorde de l’importance à ces aspects liés à la personnalité et à ce qui fait la singularité d’une personne. Partir d’une personnalité à part entière est bien plus intéressant que de plaquer une technique  clonable à l’infini.

    Le coaché doit apprendre la patience et l’indulgence.  Le travail de fond s’établissant couche par couche grâce à une introspection positive et porteuse de sens et au développement de son propre potentiel, le communicant peut émerger, proche de ce qu’il est et des ses convictions, prêt à défendre ce qu’il a à dire en étant centré, posé, à l’écoute de lui-même et des autres. Il peut exister une « slow communication » basée sur la non injonction de perfection, sur la non performance à tout prix mais sur le respect des interlocuteurs et l’authenticité de ce qu’il y a à dire. Tout cela dans un cadre fixé, en gardant à l’esprit le ou les objectifs à atteindre et le sérieux que doivent avoir toutes prises de parole. Car c’est un vrai travail d’horloger que de bien communiquer !